Quatre saisons

Orange amère

Chantal Telliac··1 min de lecture

Je me souviens de ces fruits aussi éclatants qu’un coucher de soleil, qui ne poussent que sur le pourtour de la Méditerranée. Chaque jardin a son arbre, chaque arbre à son jardin, offrant des feuilles luxuriantes d’où exultent, telles des tâches de lumière, ces fruits ronds et scabreux aux tons orangés. Leur jus est brillant et toujours abondant, même quand les pluies se font rares. Et pourtant, sous son habit doré, ce fruit est resté sauvage et sa chaire garnie de pépins. Et quand d’aventure quelques crocs remplis d’impatience s’hasardent avec enthousiasme, à le mordre de toutes leurs dents, instantanément, son jus déclenche une horrible grimace et, sans vergogne, alors que l’on s’emploie à déglutir le nectar au plus vite, il déploie, doux et âcre, tout au long de la gorge, un puissant goût de regret et d’amertume.

Partager
Écrit par
Chantal Telliac

Écrit des carnets, au fil des jours et de l'inspiration.

Commentaires

Chargement des commentaires…

Publié après validation.

À lire aussi