Poussières d'étoiles

Pour quelques poussières d’étoiles, je me suis envolée, espérant les toucher de plus près. Mais, tout là-haut, dans la nuit profonde, le chemin se perd dans la pénombre, plus de repère dans le noir alors que les lumières sont si lointaines. Grisée, je ne pouvais portant renoncer. Donner un coup de reins, imaginer se poser sur une aile du vent et être saoule de la vitesse de son envolée. Du plus intime, émanent ces trois notes de musique qui me réconfortent, renforçant et embellissant mon aventure. Droit devant, ne pas changer de trajectoire. Mes alliés : le vent, la musique. Ma conviction : vers le plus haut, sans faillir. Ah, si quelque bon génie pouvait me prendre par la main et m’emmener vers l’inaccessible ! Quelle chance ce serait !
Ici, pas de nuage. Pas de bras, pas de main non plus, mais une présence se dessine. Enveloppée dans cette brume soudain dans cette impulsion, tout s’accélère. Fallait-il simplement souhaiter ou demander pour être accompagnée ?
Les pensées n’ont plus cours. Plus de questionnement, plus de destination non plus. Dans l’abandon total, être au milieu du tout, sans interférence, sans équivoque. L’immensité scintillante concentrée dans une pincée de lumière, instruit mon appartenance au tout. La beauté alors sublime la conscience jusqu’à s’en vêtir, même pour quelques instants, avant la chute, loin des merveilles et des croyances.
Pour s’épanouir, la magie s’ancre dans l’imaginaire de ces fous en esprit, qui la respirent. La joie dans l’innocence sans âge qui gravite en apesanteur autour de la terre, parfois, laisse évader quelques vapeurs de vérité dans l’atmosphère.
Pourtant, dans cet espace que l’on croyait vide et plongé dans le silence absolu, le bruit court, la respiration rythme le devenir, les sons chuchotent même. La vie baigne dans la plénitude d’une immensité insoupçonnée.
Au bout de mon voyage, j’ai gagné la candeur oubliée dans le coffre des secrets, j’ai découvert des alliés ignorés et, surtout, j’accepte ma vie qui se révèle par-dessus les jugements de ceux qui ne voyagent qu’en gravité.
Mais, parce que l’on ne peut rien posséder, d’avoir en dépôt dans le creux de la main cet échantillon de poussières d’étoiles, m’invite à en éclabousser le monde tout entier, jusqu’à inonder ses esprits, comme l’on ensemence le blé à la volée.
Chargement des commentaires…




