Quatre saisons

Psithurisme comme billet doux

Chantal Telliac··2 min de lecture

parce que Isis...

Le doux psithurisme chargé de secrets en balade s’engouffre dans les arbres et les traverse d’une branche à l’autre, les faisant danser comme s’envolent les balançoires sous le vent du nord. Les feuilles virevoltent à son passage en s’emparant, une à une, de toutes ses dépêches. Ces messages viennent de très loin, du bout du monde qu’elles ne connaitront jamais, sans que cela ne soit grave, puisqu’il leur conte d’autres promenades où les vents sont nombreux et dont les noms chargés d’intonations inconnues frissonnent sous d’autres romances. Alors, elles écoutent comme l’enfant qui lutte pour rester éveillé, juste avant de sombrer dans le sommeil profond, sous le duvet de l’innocence. Elles, s’assombrissent déjà en tremblotant, parce que l’automne arrive à grands pas, que leur pétiole se fragilise et, sous peu, la Bise soufflant, elles se décrocheront. Ah la Bise, dernier baiser avant de s’endormir et d’être absorbées par la terre sous l’édredon soyeux de l’hiver. Alors que, sous les larmes perlées du froid, nous les pensons à jamais oubliées, que les branches nues se cognent, laissant siffler entre elles l’esprit du vent toujours chargé de ces contes perdus, elles, en s’endormant, libèrent leur mémoire des fables d’ici, pour que l’air frais les transporte vers ces mêmes pays qui, à leur tour s’enivreront peut-être un peu de leur essence. Cependant, au-delà des sons qui conversent tout là-haut, lorsque ces tapis de feuilles rougeâtres qui remplissent les chemins des sous-bois d’ici ou de là-bas, craquent sous nos pas, nous entendons parfois des sons inconnus, d’un ailleurs indescriptible, vestige d’une histoire transportée sous les ailes d’un air puissant et pourtant si espièglement aimant.  

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Écrit par
Chantal Telliac

Écrit des carnets, au fil des jours et de l'inspiration.

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