Une voix jamais sans issue

Il y a de ces voix qui ne sont en aucun cas des voix de garage, qui restent dans le silence, toujours à l’écoute de toi, de l’autre. Jamais elles ne crient pour se faire entendre, jamais elles ne soupirent de lassitude. Au fond de son âme, par temps clair, on ressent juste quelques impulsions qui frissonnent dans l’ombre des feuilles du grand arbre du jardin. Elle, reste calfeutrée dans la sérénité de notre chapelle où l’on se réfugie les soirs de peine.
Impossible de la baptiser, parce qu’elle ne se découvre jamais. Pourtant, ce matin, alors que le réveil tarde à se soustraire du poids du sable sur l’oreiller, une voix, paisible et reconnaissable d’entre toutes, nomme mon prénom. Je sursaute, j’inspecte murs et recoins de la chambre éclairée d’un subtil fil de lumière espiègle, entre les volets. D’où vient-elle, cette voix, d’où sort-elle, cette tonalité d’évidence identifiable ? D’où provient-il, ce timbre presque mien ? Et, plus rien, sauf ce divin plaisir d’avoir été apostrophée et aimée… juste le temps d’un prénom lancé au coin d’une pensée flemmarde, dans la faible lumière de ce petit matin d’automne.
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