Instants de vie

Un jour, une vie

Chantal Telliac··3 min de lecture

Aime la vie, quelle qu’elle soit, où qu’elle te mène, aime-la sans t’économiser, sans faillir, sans défaillir, jamais.

Plonge dans le ciel et noie-toi dans ses couleurs. Aime le sable humide de la plage et déposes-y le sceau indélébile de tes empreintes, elles te guideront vers l’éternité. Passionne-toi pour les arts, la botanique ou les chants qui viennent de la mer, ils régénèreront ta force et deviendront tes alliés. Ecoute sans les freiner, tes sens et le chant des oiseaux, ils te raconteront leurs histoires du temps de la tradition où tout était chanté et dansé. Garde en mémoire l’odeur du battement de leurs plumes sous ton nez, elle t’habitera à jamais. Fais de ta naissance une offrande à la nature, elle te le rendra au centuple. A chacune de tes inspirations, elle t’embaumera de son essence pour te protéger. Elle t’apprendra à identifier les ombres qu’il te faudra fuir, comme les bassesses des intriguants qui te seront suggérées, car le risque est grand d’y succomber et elles ne te guideraient alors que vers le chemin des sables mouvants pour mieux t’y asphyxier.

Et la tempête s’annonce. Il est trop tard, impossible de te mettre à l’abri et te voilà aspergé de toutes les rivières du ciel sur ton corp frêle. L’orage se déploie à présent. Ses éclairs déchirent la brume de leur lumière éblouissante, secondant le fracas du tonnerre. Laisse ruisseler le long de ton corps ces millions de gouttes d’eau venues de là-haut, qui te submergent en inondant ta peau. Conserve comme un cadeau la trace de leur passage, elles seront le messager des siècles passés, de ce temps où tout se racontait.

Il faut marcher sans jamais stopper le chemin que tu auras choisi, pour que la beauté habite ta peau, tes cheveux, ton sourire, jusqu’à ce qu’elle t’accompagne et devienne ton amie. Elle est l’arme la plus silencieuse mais la plus redoutable aussi, parce que personne ne la détient. Au mieux, elle nous possède en nourrissant nos âmes jusqu’à les transfigurer.

La route te semblera longue, et elle est pourtant tellement courte, je te l’assure. Un homme nait dans les bras du monde pour croître. Et pour espérer être transfigurer de sa respiration, surpasser l’adversité, et rester vivant, il devra inlassablement ouvrir, chaque matin, la fenêtre de ses yeux, contempler ce qui lui est offert pour espérer effleurer son message et ainsi s’élever vers le plus haut, le plus beau.

Et tourne inlassablement la Terre, jusqu’à ce lendemain d’un souffle, où la grande faux arrêtera le tourbillon de sa danse et s’enrichira d’une âme supplémentaire. Alors, puisque la roue valse pour chacun, que ton âme soit belle ! Enrichi et ennobli la tienne de la force du vent, de la noblesse du tonnerre et de l’amour de la mer. Et si d’aventure, au plus profond de ta mémoire se conjuguent toutes les couleurs de tes voyages, alors, elles éblouiront tant et tant les ténèbres qu’elles y succomberont.

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Écrit par
Chantal Telliac

Écrit des carnets, au fil des jours et de l'inspiration.

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